19 mai 2008

Robert Spencer et Daniel Pipes expliquent le Jihad

The Standftord Review – On Line Edition :
Spencer and Pipes Explain Jihad
by Jonathan Gelbart - Staff Writer
(Traduction de Naibed)

Au cours des dernières années, le vrai sens du mot «djihad» est devenu l’objet d'un intense débat. Certains disent que ce mot signifie en premier lieu une 'lutte intérieure', tandis que d'autres rejettent cette définition et soutiennent que, historiquement, djihad a toujours signifie 'guerre sainte', et que cela reste particulièrement vrai aujourd'hui.

Tandis que les membres du réseau des étudiants musulmans (Muslim Student Awareness Network) préfèrent adopter la première définition, Robert Spencer et Daniel Pipes ont longuement expliqués, le 8 avril dernier, les raisons pour lesquelles ils estiment que la seconde est une définition autrement plus pertinente et plus précise.

Spencer et Pipes avaient été invités à prendre la parole à Stanford par des étudiants pour une société ouverte (Students for an Open Society), dans le cadre d’un événement co-parrainé par The Stanford Review et le Stanford College Republicans. Avoir simultanément deux spécialistes universitaires éminents et controversés parler ensemble de l'islam à l'université de Stanford était une occasion rare, qui a rendu l'événement particulièrement important, mais également doublé la controverse qui entourait celui-ci. Robert Spencer et Daniel Pipes, en dépit de leurs décennies d'expérience à ce sujet, sont encore souvent rejetés hâtivement comme étant des sectaires "islamophobes" qui "ne savent rien au sujet de l'Islam".

Spencer souligne que ce type d'attaque ad hominem est la seule chose que ses adversaires sont capable de lui opposer, car ils sont incapables de réfuter quoi que ce soit de ce qu'il dit dans ses livres et dans ses conférences. Bien qu’une telle rhétorique creuse ait été lancée dans les jours qui ont précédé la conférence, les étudiants qui ont assisté à celle-ci n’étaient pas ouvertement hostiles, et les protestations se sont limitées à deux étudiants qui distribuaient des tracts à l'extérieur.

Spencer décrit l'histoire du jihad depuis les temps anciens jusqu'à nos jours, en expliquant que la définition du jihad comme "lutte intérieure" trouve son origine dans l'Inde au 19e siècle afin de tempérer la résistance contre ses responsables britanniques. Tandis qu'il souligne, a contrario, que les appels en faveur de la guerre contre les "infidèles" sont monnaie courante dans le Coran, et que les djihadistes modernes utilisent ces versets violents pour recruter de soi-disant "musulmans pacifiques" qui, autrement, n'auraient aucun intérêt de combattre et de mourir pour leur la religion.

Spencer estime que tant qu’une sorte de réforme de l’Islam n’arrivera à éliminer ou abroger ce genre de versets, les jihadistes continueront à les utiliser comme preuve que leur vision de l'islam est la seule valable.

Spencer a également commenté cette situation étonnante dans le monde d'aujourd'hui dans laquelle les personnes qui dénoncent l'incitation à la haine de certains groupes sont eux-mêmes accusés d'incitation à la haine. Il a donné comme exemple le nouveau film "fitna" du parlementaire néerlandais Geert Wilders . Ce film présente simplement des versets particulièrement violents du Coran et de discours prononcés par des jihadistes, exhortant à la violence contre les non-musulmans. Comment se fait-il, a demandé Spencer, que Wilders soit la seule personne a être accusé d'incitation à la haine, alors que ceux-là même qui appellent à tuer des personnes innocentes obtiennent un laissez-passer ? Spencer connaît bien ce type d'attaque, car il est souvent le destinataire de celles-ci.

Au cours de la séance de questions-réponses, M. Pipes a abordé la question du manque de recherches objectives sur l’idéologie djihadiste effectuées par des universités à travers le monde. Il a mentionné les récentes donations aux universités de Georgetown, Harvard, Oxford de plusieurs millions de dollars par le prince saoudien Alwaleed bin Talal comme étant une des causes de cette pénurie d'enquêtes impartiales. Ces importantes donations sont particulièrement nocives, a expliqué Pipes, en raison du message qu'elles envoient aux universités qui n'ont pas reçu de tels cadeaux : "vous aussi, vous pouvez obtenir cet argent si vous aussi, adoptez un profil bas, et si vous aussi, vous ne posez pas certaines questions et n’approfondissez pas certains sujets. "

L’Association pour l’Etude du Moyen-Orient (Middle East Studies Association), a affirmé Spencer, est « complètement dominée par des gens d’un [certain] horizon politique qui n'ont aucun intérêt à parler de ces choses honnêtement ». C'est cette absence de débat honnête qui rend [la présence] de gens comme Spencer, qui sont en dehors du monde universitaire, particulièrement importante.

Le point peut-être le plus important de toute la conférence, et sur lequel Spencer que Pipes s’accordent tous deux pleinement, est que l'idéologie djihadiste ne pourra, en aucun cas, être vaincue tant que l'Occident continuera à considérer cette idéologie comme sans importance, voire à l’ignorer délibérément, et tant que l'Occident continuera à tolérer que certains groupes puissent obscurcir le débat.

La reconnaissance de la menace que pose cette idéologie à la civilisation occidentale est essentielle si celui-ci veut remporter la victoire [sur cette menace].

Bien que les thèses de Pipes et de Spencer sur l'islam soient, c’est le moins qu’on puisse dire, impopulaires, il est toujours important, pour débattre de toute question, d'entendre les avis des deux bords opposés. Et l'islam radical, en dépit de son caractère controversé, ne doit pas faire exception. Les universités devraient être un lieu de dialogue ouvert, non un lieu de politique politicienne partisane où des vues considérées comme peu « orthodoxes » sont étouffées par réflexe et vilipendées comme étant soi-disant "racistes, xénophobes ou haineuses". A cet égard, des appels à "la tolérance" doit recouvrir autre chose qu’une rhétorique creuse et partisane.


NB: la vidéo (en anglais) de la conférence est consultable ici

2 commentaires:

Alix a dit…

Merci, Naibed, encore un précieux travail d'information. Tu commençais à me manquer.
Alix

Jonathan a dit…

Salut! C'est moi, Jonathan Gelbart, l'auteur de cet article. Merci beaucoup pour la traduction. Je viens de la trouver, deux mois après que vous l'avez écrit! Je suis heureux que vous avez aimé l'article.

Regarde mon blog, si vous voulez, à nefariousverisimilitude.wordpress.com. C'est là que je poste tous mes articles.

Je viens de lire aussi sur votre blog au sujet de Mohammed al-Dura. Philippe Karsenty est venu à Stanford en mai (à cause de mon organisation, Students for an Open Society). Sa présentation complète est disponible ici: http://video.google.com/videoplay?docid=7363397033127344567&hl=en. C'est incroyable.

Comment est-ce que vous vous êtes interessée à l'Islam?